Les Parcs de Schaerbeek accueillent le compostage décentralisé

Auteures: Laetitia Eudier (espaces verts de Schaerbeek), Thaïs Pons (service Eco-conseil)

CONTEXTE

La Commune de Schaerbeek possède environ 10.000 arbres d’alignement, le grand parc Josaphat de plus de 20 hectares et 2.500 arbres, de nombreux “petits parcs", ainsi que d’autres espaces verts dans des écoles et des bâtiments communaux.

Le plaisir et les ravissements que ces espaces offrent aux habitants font cependant oublier qu’ils sont aussi des “producteurs de déchets”.

Une partie de la matière ligneuse qui est produite dans ces espaces est broyée sur place et répandue dans les parterres, au pied des arbres ou dans les composts de quartier.

Les arbres abattus quant à eux sont souvent distribués comme bois de chauffage aux ouvriers communaux qui en font la demande.

Malgré ces efforts, il reste en moyenne 600 à 700 tonnes de déchets verts mixtes (de feuilles mortes, les tontes de pelouses et les restes d’élagage) qui  sont évacuées pour un coût d’environ 30 000€ chaque année.  

Soucieux de réduire leur empreinte écologique en faisant des économies, les responsables des Espaces Verts et des Services de Propreté de la commune en association avec le service Eco-conseil se sont rejoints sur le fait que cette situation pouvait être écologiquement et économiquement améliorée. La Commune de Schaerbeek expérimente donc les pistes d’une gestion plus efficace des matières organiques produites par tous ses espaces verts. L’objectif est de réduire la quantité des déchets verts livrée aux adjudicataires à sa plus simple expression, à savoir, "zéro déchets verts".

Dans la mesure où les services compétents ne disposent pas d’une infrastructure où l’on pourrait centraliser l’ensemble des déchets verts afin de les composter, la solution qui s’est profilé est le compostage décentralisé dans plusieurs secteurs de la Commune. 

 

INNOVATION

 

L’analyse du système de gestion des déchets verts à la commune a mis en évidence que le compostage décentralisé serait la manière la plus efficace d’optimiser l’usage des véhicules de la commune et d’impliquer le plus grand nombre d’acteurs (jardiniers et ouvriers communaux, habitants).

Dans le cas particulier de Schaerbeek deux projets ont vu le jour en association avec le service éco-conseil.

 

1)    Créer un réseau d’échange de matières organiques entre la commune et les composts (de quartier et des jardins particuliers). Pour que le processus de compostage se déroule correctement. Il est indispensable d’apporter le même volume de matières fraiches (épluchures, fruits et légumes fanés,…) et de matières sèches (broyat de branches, restes d’élagage, feuilles mortes). Les composts citoyens sont alimentés par les ménages qui produisent essentiellement des matières fraîches, ils sont donc en pénurie de matières sèches pour être équilibrés. Les parcs et espaces verts de l’autre côté produisent énormément de cette matière sèche lors des entretiens des parcs et des arbres d’alignement. Ce premier projet a donc pour objectif de créer une connexion entre les habitants et les espaces verts afin de permettre aux premiers de bénéficier d’une source de matières sèches et aux deuxièmes de valoriser localement et les ressources produites.

 

2)    Augmenter le nombre de composts de quartier, en les implantant notamment dans les parcs, et ouvrant l’accès aux habitants du quartier. Ces composts seront alimentés par les matières fraîches des voisins et les matières sèches des parcs, ils seront gérés par les jardiniers communaux, et contribueront à diminuer la quantité de déchets produits par tous. Le Parc Albert est pionnier dans ce projet et ouvrira un compost de quartier au mois de septembre. Les citoyens sont très demandeurs, de multiples demandes arrivent à la commune. 

 

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Chaque bac a 120x100cm de surface au sol (taille d’une palette) et 80cm de hauteur. Une palette au sol permet une aération, une porte (en palette) devant facilitera les retournements, et une plaque-couvercle empêchera la pluie d’inonder les bacs. La question de l’alimentation et de la gestion de ce premier compost décentralisé se structurent en deux étapes qui pourront être reproduites dans chacun des quatre autres secteurs de la commune.

Dans une première étape, il a été décidé de former et de sensibiliser les responsables du secteur, de leurs adjoints et des jardiniers qui prennent en charge les déchets verts à l’issue d’une journée de travail.

Dans une deuxième étape, la sensibilisation et la formation est étendue aux travailleurs de la propreté de chaque secteur. Les balayeurs pourraient par exemple suivre une formation aux principes et pratiques du compostage. Les premières formations ont été assurées par l’asbl Worms.

Grâce à cette dynamique, la pratique du compostage des déchets verts sur un secteur donné constitue un projet transversal favorisant la cohésion d’équipe et participant à l’atténuation des différences entre un ouvrier-jardinier et un ouvrier-balayeur.

Enfin, la proximité d’autres compost de quartier, notamment dans une école, gérés par des bénévoles pourraient faire l’objet d’un rapprochement. Cela permettrait ainsi de faire se rejoindre des matières essentiellement carbonées (matières issues des parcs et jardin) et des matières essentiellement azotées (épluchures de légumes).

 

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