La déshydratation

Illustration de A. Bortolotti

Définition

Traitement thermique et aérobie des déchets de cuisine (fruits et légumes et viande jusqu’à 10-15 % du total) à petite échelle (Giadicianni et al., 2014). Le principe de base est d’assainir et
de réduire le volume de la matière organique afin qu’il puisse être stocké temporairement (Sotiropoulos et al., 2015). Le produit restant (le séchât) est décrit comme une matière à texture relativement fine qui présente un pH bas, une minéralisation faible, un rapport C/N bas et donc une dégradation et une stabilité faibles du produit qui n’est pas arrivé à maturité (Gesper, 2010). D’autres études avancent que la déshydratation maintient constantes certaines propriétés dans le temps, comme la teneur en glucose qui peut être utilisé ensuite dans des procédés de conversion en matières premières secondaires (par exemple la production d’éthanol), (Sotiropoulos et al., 2015).

Fonctionnement

Une machine de déshydratation fonctionne via un procédé physico-chimique de brassage et de séchage de la matière organique qui élimine la teneur en humidité via un traitement durant
de 10 à 24 heures. Les traitements les plus courants sont les processus à chaleur sèche (dry-heat) et humide (moist-heat). Ils prévoient une réduction de 80-90 % de la masse via la déshydratation par chauffage électrique (à 80-140 °C) dans une enceinte étanche à l’air et à condensation de l’eau qui s’évapore. Le temps de séchage dépend fortement des propriétés physiques de la matière introduite. Lors d’un traitement à chaleur humide, une quantité importante d’eau est utilisée pour aider le processus de brassage et obtenir une boue plus uniforme et fine (Giadicianni et al., 2014). Lors d’un traitement à chaleur sèche, l’eau est rejetée par le réseau d’assainissement et présente une importante charge organique (haute DBO5, DCO et pH acide) (Gesper, 2010). Le séchât exige un traitement ultérieur pour ne plus être considéré comme un déchet. [Fig.6]

Variante

Le modèle retenu est une machine autonome de déshydratation thermique à chaleur sèche, à placer à l’intérieur du bâtiment, disposant d’une capacité qui varie de 36 t/ an à 365 t/an selon le dimensionnement de la cuve (100 x 120 x 130 cm – 280 x 180 x 195 cm) et d’une consommation électrique d’environ 0,5 kWh/kg de déchets. La machine est équipée d’un agitateur mécanique, d’une double paroi isolée contenant de l’huile thermique, d’un dispositif de gestion des flux d’air et de neutralisation des odeurs, d’un raccordement électrique et d’une conduite de vidange des condensats.

Evaluation d’impact environnemental : -
Coût de fonctionnement** (€/kg) = 0 - 0,5

 

Cette fiche est issue du rapport suivant : Bruxelles Environnement, 2016. "Analyse théorique de la littérature décrivant les outils techniques de valorisation décentralisée de biodéchets des professionnels. Fiches synthétiques – Annexes ". Auteurs : A. Bortolotti, S. De Muynck et S. Kampelmann S., ULB-LoUIsE.
Vous pouvez également consulter le rapport final de l'étude.